AMSC

Après-midi de la Section Clinique 2014

Variété des psychoses contemporaines : schréberienne, lacanienne, ordinaire ?
La clinique différentielle à l’épreuve du cas

« Ça, c’est une psychose lacanienne », dit Lacan, en 76, à l’issue d’une de ses présentations de malades à Sainte-Anne. Il épinglait ainsi ce cas très pur d’automatisme mental1, évoqué dans son séminaire sur Joyce2, et que, selon lui, on ne trouvait pas chez les bons cliniciens. Quelques années plus tard, Jacques-Alain Miller introduit le terme de psychose ordinaire3, pour rendre compte de nombreux cas de psychoses dissimulées, voilées, qui échappent aux normes classiques de la clinique lacanienne de la psychose telles qu’elles ont été définies dans le Séminaire III et dans le texte des Ecrits « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose».

D’un Schreber extraordinaire, à des sujets plus discrets, ou plus modestes, c’est à partir de tout petits indices, de détails, de phénomènes les plus inattendus exposés dans chaque témoignage de cas, qu’il s’agira de chercher ce que Lacan appelle « un désordre provoqué au joint le plus intime du sentiment de la vie du sujet »4, permettant de cerner la structure du cas et d’orienter la cure. Se laisser enseigner par la transmission du plus vif rencontré par chaque sujet, dans sa singularité, tel sera notre pari lors de cette conversation.

 

1 Jacques-Alain Miller, « Enseignements de la présentation de malades », La conversation d’Arcachon, Agalma, coll. publiée par Jacques-Alain Miller, Seuil, 1977, p. 298.
2 Jacques Lacan, Le Séminaire, livre XXIII, Le Sinthome, Paris, Seuil, 2005, p.95.
3 La psychose ordinaire – La conversation d’Antibes, Agalma, coll. publiée par Jacques-Alain Miller, Le Paon, Seuil, 1999.
4 Jacques Lacan, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 558.