AMSC

Après-midi de la Section Clinique 2008

Le décrochage de l’Autre Social.
Modalités Subjectives contemporaines.
Le décrochage de l’Autre social est l’un des noms actuels du malaise dans la civilisation. Le sujet contemporain vit dans un monde de plus en plus globalisé, mis en réseau, aussi bien en temps réel que virtuel, où le « Connecte Toi !! …à ton ordinateur, à ton portable à ton, i-pod et/ou, i-phone » fonctionne comme un véritable impératif de jouissance à l’heure de l’hyperlien à l’Autre sous les auspices de ces nouveaux objets.

Bien plus voilés auparavant, les objet a apparaissent aujourd’hui ouvertement et fragilisent les liens sociaux. D’une part « le nouveau partenaire de l’homme moderne n’est pas le grand Autre, autrui ou Dieu, c’est le monde. Un monde où l’Autre disparaît un peu plus tous les jours » 1 . D’autre part, comme le souligne E. Laurent, le capitalisme global « actualise un plus-de-jouir qui ne peut cesser de produire ses effets, sur les deux versants : pulsion de mort et restauration d’un amour pour le père mort. » 2

Le secret, le notre disait Jacques Alain Miller3 , « c’est que nous ne distinguons pas entre la réalité psychique de la réalité sociale » puisqu’ « au fondement de la réalité psychique il y a le langage. Entendons par-là la structure qui émerge de la langue qu’on parle sous l’effet de la routine sociale. C’est la routine sociale qui fait que le signifié peut garder un sens, ce sens qui est donné par le sentiment de chacun de faire partie de son monde… »

Le premier Après-midi d’Etudes de la Section Clinique Paris Ile de France, sur le thème « Le décrochage de l’Autre social. Modalités Subjectives contemporaines » aura lieu le samedi 5 avril 2008 et sera l’occasion d’interroger, à partir de travaux cliniques, quelques unes de ces modalités où la fragilisation du lien social a pour conséquence le décrochage, plus ou moins radical, de l’Autre.

Pourrait-on dire alors que pour les cliniciens l’isolement, la perte des liens, les ruptures, la désinsertion et l’isolement social, les addictions, ou encore les événements de corps sont des modalités subjectives du décrochage ? Comment expliquer que le sujet ne soit plus réglé par la même routine à ces moments-là ? Comment aborder ces phénomènes du point de vue de la psychanalyse ? Quels sont nos outils de travail ? La théorie générale du partenaire symptôme, élucidée par Jacques Alain Miller, est l’une de nos boussoles essentielles, mais aussi le dernier enseignement de Lacan, et la mise en valeur des nœuds, c’est-à-dire de ce qui fait tenir ensemble Réel, Imaginaire et Symbolique. Quand on rebranche quelqu’un sur l’Autre on le rebranche sur lalangue mais en même temps sur son partenaire et sur la jouissance. Il s’agira donc, lors de cette Journée de travail, de saisir, au cas par cas, quel est l’opérateur de consistance, c’est-à-dire, celui qui permet de tenir ensemble les trois registres, à partir d’un usage possible de la jouissance contenue dans le symptôme.

Pour la préparation de cet après-midi d’études, des références bibliographiques vous seront envoyées progressivement par le biais de la liste de diffusion.

 

1 LA SAGNA, « De l’isolement à la solitude » in La Cause Freudienne Numéro 66, p 48.
2 LAURENT, E : Les enjeux du congrès de 2008, in Papers, site internet de l’Association Mondiale de Psychanalyse.
3 MILLER, J -A : Vers PIPOL
4. La lettre Mensuelle sep :oct 2007, p 27